
Cette photo n’a Ă©videmment aucun intĂ©rĂȘt esthĂ©tique đ On est trĂšs loin de ce que l’on peut trouver sur les comptes Insta ou chaĂźnes Youtube d’influenceuses yogi.
Je vous situe : nous sommes dans un stadium (Squash and Badminton Stadium) aux allures de hall d’aĂ©roport. Difficile de savoir auprĂšs des Indiens quand et pourquoi ce lieu a Ă©tĂ© construit : pour les jeux d’Asie de 1982 ou plus rĂ©cemment pour les XIXĂšme jeux du Commonwealth de 2010? Comme souvent ici, se rappeler du passĂ© n’a pas grand intĂ©rĂȘt ; l’intĂ©rĂȘt est dans le prĂ©sent. Et dans le prĂ©sent, ce mastodonte est une vraie usine Ă faire du sport pour les Indiens et pour nous les Meier.
On y fait du badminton en famille, de la gym aux agrĂšs pour les filles et pour moi du Yoga. Dans un recoin ouvert sur un lieu de passage et Ă©clairĂ© aux nĂ©ons blancs, je pratique ce « sport » grĂące Ă Amit, senior teacher d’une trentaine d’annĂ©es.
Je me souviens encore de la premiĂšre fois que je l’ai aperçu. C’Ă©tait en septembre dernier. L’activitĂ© du gymnase reprenait doucement aprĂšs la vague Delta et je venais tout juste d’inscrire Emmanuelle Ă la gym. Je faisais des aller-retours qui m’amenaient systĂ©matiquement Ă passer devant ce recoin blanc, ouvert et recouvert de grands tapis Ă la propretĂ© douteuse. Amit Ă©tait lĂ , seul, Ă attendre le premier nouvel Ă©lĂšve.
Mais difficile pour l’Ă©lĂšve de s’imaginer pratiquer le yoga dans ces conditions… Pourtant, j’ai fini par m’y arrĂȘter ; par curiositĂ© et avec un certain dĂ©tachement. On n’a pas grand-chose Ă perdre dans une vie – indienne – oĂč tout est Ă construire.
Nos Ă©changes trĂšs sommaires (Amit ne parle et ne comprend que trĂšs peu l’anglais) ont dĂ©bouchĂ© sur un cours d’essai puis trois cours hebdomadaires qui ont fait de moi, plusieurs mois aprĂšs, une fidĂšle « disciple » de ce professeur.
Son enseignement diffusĂ© avec justesse et respect (de ma diffĂ©rence) m’a dĂ©jĂ permis d’assimiler telle une routine le Om chanting (syllabe sanskrite que l’on Ă©met en dĂ©but de sĂ©ance), plusieurs asana (postures corporelles), quelques pranayama (exercices de respiration), et le shanti mantra (formule sacrĂ©e) qui vient clĂŽturer la sĂ©ance.
Et quelque fois, Amit me challenge et me demande de tenter la Head stand pose (Sirsasana). Je me lance un peu fĂ©brile, encouragĂ©e par des « You can » (dont on sous-estime le pouvoir;-) et hop, j’ai la tĂȘte en bas… et ça tient. Ne me demandez pas comment et pourquoi ; je sais juste qu’aprĂšs ça, je me sens bien plus solide qu’avant.
Namaste Amit đ