
Un petit quelque chose de mon « tonton » agriculteur provençal que jâai connu pendant mes jeunes annĂ©es⊠Peau burinĂ©e, regard fatiguĂ© chargĂ© dâune grande tendresse, une allure qui sent le propre, une chemisette lĂ©gĂšre Ă petits carreaux avec le paquet de cigarettes que lâon devine dans la poche. Evidemment, la ressemblance sâarrĂȘte lĂ : on est Ă New Delhi, dans le block D de notre quartier, mon tonton est mort en 2003 (ou 2002? Petit loupĂ© dans la mĂ©moire familiale;-), il nâa jamais portĂ© de masque sur le menton et il cultivait des tomates et du melon et nâa jamais garni aucune chaise.
Avec Emmanuelle, câest au dĂ©tour dâune balade de confinĂ©es un lundi vers 12h30 quâon a eu la chance dâobserver ce canneur en plastique. TrĂšs vite, comme nous aurions pu le vivre en France, Emmanuelle voulait une chaise (« Câest trop beau maman ! ») et moi, jâai voulu parler avec lui. La chaise nâĂ©tait pas Ă prendre et jamais je nâai pu Ă©changer avec cette rĂ©incarnation indienne de mon « tonton »đ Emmanuelle a cru que câĂ©tait le manque de dents du Monsieur qui rendait ses propos difficiles Ă comprendre et jâai du lui expliquer que pas du tout ; sa bouche Ă©dentĂ©e nây Ă©tait pour rien. Je ne comprends simplement toujours pas lâhindiglish et mon anglais reste encore trop françaisđ
Ce jour-là , au détour de notre balade de confinées, Emmanuelle et moi avons fait une belle rencontre avec un canneur, son vélo et des chaises (pas pour nous), sans parlote, juste des regards et une belle présence humaine.